"Non ho scelto il male né il bene, Ma attraverso e al di sopra del male, ho scelto la poesia" C. Baudelaire.



mercoledì 30 agosto 2017

Centocinquant'anni or sono.


...Avons-nous donc commis une action étrange ? 
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
je frissonne de peur quand tu me dis: mon ange!
et cependant je sens ma bouche aller vers toi.  


Les fleurs du mal.
Foto ed elaborazione di Riccitelli Luisa. 

La vita di Charles Baudelaire conosce un incessante declino sul finire del 1866, quando, in compagnia di amici, fra cui Asselineau, editore della prima edizione dei fiori, sta visitando la chiesa di Saint-Loup, a Namour ed è colpito da un ictus che gli paralizza la parte destra del corpo, ciò comporta emiplegia ed afasia, una malattia che impedisce la produzione del linguaggio. Sarebbe orribile per chiunque evidentemente, anche se, per un poeta perennemente obbligato all'autocensura, morire di una simile morte ha qualcosa della feroce ironia che sfiora la metafora. Che altro? La sifilide, contratta in gioventù frequentando la prostituta Sara, peggiora le cose. L'agonia si fa lunghissima, molto penosa e la morte quando arriva, il 30 agosto del 1867, è stata, si suppone, a lungo desiderata. 


...
O morte, vecchio capitano, è ora! Leviamo l'ancora!
Questo paese ci annoia, o Morte! Salpiamo!
Se il cielo e il mare sono neri come inchiostro,
I nostri cuori, che tu conosci, sono pieni di raggi!
Versaci il tuo veleno affinché ci conforti!
Vogliamo, tanto questo fuoco brucia il nostro cervello,
tuffarci nel fondo dell'abisso, Inferno o Cielo, che importa?
Al fondo dell'ignoto per trovare il nuovo!  (Le voyage) 

Paolo Troilo  che dipinge le sue opere
in bianco e nero, e con le dita. 
Questo blog, come suggerisce il titolo, è interamente dedicato al poeta ed ai suoi fiori malaticci, passando per qualche fuori tema che è comunque collegato al soggetto della poesia, a Parigi, o alla cultura francese. Oggi, a 150 anni dalla sua scomparsa, mi limito a condividere un saluto ideale al mio simile, a mio fratello. 

Il corpo del poeta riposa presso il cimitero di Montparnasse, a Parigi, "schiacciato" dall'ombra del patrigno, il generale Aupick, che in vita non mancò di detestare incondizionatamente.
I cimiteri "mitici" possiedono una sorta di magia difficile da raccontare. Entri, e alla tua sinistra trovi Sartre e la Beauvoir, a destra c'è la Duras, poi ci sono tanti altri. Charles Baudelaire è sepolto in mezzo, fra il patrigno e la madre. Nel cimitero riposano ovviamente anche persone meno note. In generale, il clima che si respira, è quello di morte, ma anche di meditazione, di "elevato".Baudelaire non l'avrei notato facilmente, questo per via della scritta, e per le modeste dimensioni della sua tomba. Forse mi aspettavo qualcosa di più vistoso, non so. 
Ecco che ho trovato...
Foto scattata da me al cimitero di Montparnasse
a fine agosto del 2009. 

Come "Ex Voto" i passanti gli lasciano pensieri scritti, convinti di parlare con qualcuno che si prenderà la briga di leggere ogni cosa. C'è anche un pensiero incorniciato. 
Le lingue usate per scrivere quei biglietti ricordano Babilonia. Le foglie, ai lati della tomba, evocano la stagione in cui meglio s'identificava il poeta, l'autunno, anche se la foto è stata scattata a fine agosto. L'insieme dell'immagine, mi ricorda un pomeriggio ricco di riflessioni. L'incontro con questo luogo è stato il momento in cui la parola scritta si è fatta più concreta, il momento in cui un libro si è ricomposto nelle spoglie di un uomo che, tempo fa è passato sulla terra come tanti altri e che ancora, per qualche strano mistero, è fra noi.
La prova? Le altre tombe erano piene di gente morta. 
A Baudelaire è stato dedicato anche un blocco scultoreo in prossimità del Jardin du Souvenir.  Qui di seguito invece, una delle più belle versioni moderne di una poesia di Baudelaire dal titolo "Donne dannate". 




Femmes Damnées (Delphine et Hippolyte)

À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur 
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes 
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

— «Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;

Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!»

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
— «Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: 'Mon ange!'
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!»

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
— «Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!

Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!

Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!»
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: — «Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!

Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!»

— Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous!
— Charles Baudelaire


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